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De nombreux parisiens commémorent
l'assassinat de Ytzhak Rabin
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Rue Paul Belmondo. Paris XIIème.
" Montrez-moi votre invitation, exige sèchement un
policier, ce que Radio J a dit est faux ". La radio communautaire
parisienne a enjoint ses auditeurs à venir assister à
l'inauguration du Jardin Ytzhak Rabin ce dimanche 5 novembre
à 15h par la Mairie de Paris. Et ils sont nombreux à
avoir répondu à l'appel pour "soutenir Israël
en ces temps difficiles ". Ils sont en avance, dans leurs
plus beaux habits, déçus. Hier soir à Tel
Aviv, 175 000 personnes commémoraient les cinq ans de
l'assasinat par un juif extrémiste du Nobel de la Paix.
Ils auraient voulu leur commémoration à eux, à
Paris. Mais le jardin est bouclé par un rigoureux dispositif
de sécurité.
Dans les gradins devant la tribune des officiels, les commentaires
vont bon train sur les propos d'Henri Hajdenberg, président
du Conseil représentatif des institutions juives de France
(Crif) lors de son dîner annuel la veille sur la politique
de la France vis à vis d'Israël. "La France
s'est mise à nouveau hors jeu, ça c'est fort !",
se félicite un invité, reprenant les propos de
M.Hajdenberg adressé à Lionel Jospin. La fébrilité
grandie à l'approche de l'inauguration. Qui sera là
? Pourra-t-on serrer la main de Shimon Peres, invité d'honneur
de la Mairie de Paris pour la cérémonie ? "Leïla
Shahid n'était pas invitée hier au Crif. La première
fois depuis cinq ans. Vous croyez qu'elle sera là aujourd'hui
?", s'interroge un groupe, visiblement divisé sur
la nécessité de la présence de la représentante
de l'Autorité palestinienne en France.
Le ballet des voitures officielles commence. Chacun tente d'identifier
les arrivants et aussi les absents. Jean Tiberi, Maire de Paris,
et sa femme joue leur rôle d'hôtes à merveille.
La décision officielle de cet hommage date de fin septembre
2000, et le jardin a failli porter le nom de la Princesse Diana
ou de Nelson Mandela. "ça fait cinq ans qu'on réclame
un lieu à la mémoire de Rabin et il le fait à
quatre mois des élections, proteste le socialiste Pierre
Shapira. Tiberi kidnappe la communauté ". Les Tiberi
restent souriants, même pour les ennemis politiques qui
arrivent : Charles Pasqua, Bertrand Delanoë, Daniel Vaillant,
Jean-Louis Debré. Suivent les représentants de
la communauté juive de France : M.Hajdenberg, le grand
rabbin Joseph Sitruck et Mickael Melchior, ministre israélien
de la Diaspora. Le spectacle tourne à la cérémonie
de chef d'Etat pour les Tiberi à l'arrivée de Shimon
Peres, Prix Nobel de la Paix en même temps que Ytzhak Rabin
et Yasser Arafat en 1994. Les ambassadeurs de Jordanie et d'Egypte
à Paris sont présents. Leïla Shahid est là,
mais se fait discrète dans la foule. |
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" Seuls, peut-être, ceux
qui ont su combattre sans fléchir, savent-ils, le moment
venu, faire la paix ", déclare Jean Tiberi au cours
dans son hommage à Ytzhak Rabin. Shimon Peres aussi saluera
la mémoire du militaire et de l'homme de paix. Emotion
lorsqu'il rappelle "Nous étions trois au début
d'Oslo
". Et vifs applaudissements quand il clôture
son discours avec une note d'espoir à propos des troubles
en Israël et dans les territoires autonomes : " La
paix n'est pas morte. Oslo n'est pas mort ! ". Puis la foule
écoute religieusement les dernières paroles de
Ytzhak Rabin en hébreu, traduite simultanément
en français. Les derniers mots de paix prononcés
avant son assassinat sur la place des Rois d'Israël qui
aujourd'hui porte son nom. Applaudissements aussi quand il dévoile
la plaque baptisant ce parc "jardin Ytzhak Rabin ".
La minute de silence demandée ne dure que vingt secondes.
Il est vrai qu'il fait froid
La chanteuse israélienne
Nourith entonne alors un Chant de la paix qui réchauffe
au moins les curs. La foule reprend timidement le refrain.
Invités à rejoindre un buffet certifié casher
par le Beth Din de Paris (organisme religieux de certification),
les invités préfèrent se ruer saluer Shimon
Peres. Autour de Leïla Shahid qui répond aux journalistes,
trois hommes crient "Arafat, trahison ! ".
Vers le buffet décoré de bouquets aux couleurs
blanche et bleue d'Israël, Hélène et Suzanne
partagent leurs émotions. Invitées en tant qu'anciennes
déportées, elles se disent toutes deux pour la
paix. " On a tant souffert à la mort de Rabin, s'émeuvent-elles,
il fallait qu'on soit là ". Mais la présence
de Leïla Shahid les divise. " Elle n'a pas à
être là, dit Hélène. Elle n'est pas
objective et n'a même pas eu un petit mot d'excuse pour
les soldats lynchés ". " J'admire sa capacité
à s'exprimer en toute circonstance, objecte Suzanne, et
elle a tout à fait sa place aujourd'hui. Elle est pour
la paix comme nous". Nour RICHARD
GUERROUDJ
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