" Les magots, c'est l'arbre qui cache la forêt "

One Voice est une association qui lutte pour la protection des animaux et de l'environnement. La sauvegarde des singes magots est l'une de ses nombreuses actions.
 Les locaux sont modestes. Au milieu des dossiers, un jeune chiot malade retient l'attention des responsables de l'association One Voice. Juste à côté, dans leurs cages, trois singes magots tentent eux aussi de capter l'attention. Leurs yeux pétillent quand Sébastien Burguez, responsable des enquêtes au sein de l'association s'approche d'eux. Ce petit singe de l'atlas marocain agrippe ses doigts, semblables à ceux des humains, aux barreaux de sa cage. " Ces trois magots partent ce soir pour un refuge en Hollande ", explique Sébastien. " Il n'y a plus de place pour eux dans les refuges français. C'est la Hollande ou l'endormissement…".
Deux de ces singes ont récemment été saisis par la police, l'autre a été trouvé le jour précédent sur la voie publique dans le X ème arrondissement. Le récent tapage médiatique autour des magots effraie de plus en plus les propriétaires de ces singes. Les magots ne peuvent pas être dressés mais, lors de leur maturité sexuelle (vers trois ou quatre ans), ils deviennent inévitablement violents. Les propriétaires ne peuvent plus les assumer. Ils prennent peurs et ils s'en débarrassent pour ne pas avoir d'ennuis. " Le problème n'est pas nouveau mais avant, les douaniers ne connaissaient pas la loi ou bien ils fermaient les yeux" explique Sébastien, un amoureux des animaux qui s'est formé sur le tas.

 Une collaboration active avec les services de douane et de police
Depuis que les saisies de magots font la une de la presse, l'association est sous le feux des projecteurs. Le travail ne manque pas. Régler des derniers préparatifs pour le départ des magots en Hollande n'est pas le seul souci de l'association. D'autres affaires sont en cours. L'association instruit de nombreuses enquêtes en collaboration avec les services de douanes et de police pour lutter contre le " traficommerce " d'animaux exotiques et d'espèces protégées.
La Convention de Washington réglemente l'importation d'animaux en voie d'extinction. Mais elle est violée impunément. Le problème posé dépasse largement le cadre des magots. Il concerne plus généralement les NAC ( les nouveaux animaux de compagnie). " Les pays d'origine se dépeuplent de leurs animaux exotiques et la Convention de Washington n'est pas respectée ", précise Stéphane Charpentier, le directeur de l'association. "La plupart du temps les magots passent la frontière attachés à l'arrière d'une voiture. On dit qu'il y a trop de fonctionnaires mais moi je dirai plutôt qu'il n'y a pas assez de douaniers ", poursuit-il, inquiet.
Les responsables de l'association se battent depuis des années pour la cause des animaux, ils espèrent que le tapage médiatique sensibilisera la population. Stéphane, docteur en géographie, croit en son combat : " Je résumerai l'objet de mon engagement en ces termes : la nature déteste les forêts vides et les animaux ont horreur des cages pleines ". Emilie Sulpice