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Vulnérables Chez Sri Lanka Services, on est prévenant. Le contrat stipule une garantie de six mois contre la fuite de l'employée. Concrètement, si la domestique s'échappe, l'agence vous la remplace sur-le-champ. Seule condition: que l'employeur ait confisqué les papiers de la fuyarde dès son arrivée au Liban. Et ce afin de pouvoir porter plainte pour que la police la retrouve, selon l'agence. Mais ce n'est pas si simple. Mirella Abdelsater, avocate, connaît bien les tracas juridiques de ces femmes. " Pour que la police les recherche, il faut qu'il y ait eu une plainte déposée par l'employeur ", explique-t-elle. De nombreuses employées se retrouvent alors en prison, accusée de vols qu'elles n'ont pas commis. Leurs patrons espèrent ainsi les récupérer. Mirella s'occupe bénévolement de plaider pour ses femmes face à la justice libanaise. Les cas les plus douloureux ont défilé devant elle. Plusieurs cas de viols ou de maltraitance. Et des conditions de travail indignes. Laksmi, 17 ans, travaillait 18h par jour, n'avait droit de déjeuner qu'à la pose de 16h. Elle ne pouvait s'endormir sur le tapis du salon que lorsque toute la famille était couchée. Elle a été condamnée en 1997 à trois ans de prison pour avoir tenté d'empoisonner son employeur. D'autres tentent de se suicider. Certes, ces cas sont extrêmes. Toutes les familles libanaises ne sont pas tortionnaires. Mais au Liban une employée de maison est exclue de la loi sur le travail. Elle ne bénéficie donc d'aucune prestation sociale, ni au droit d'adhérer à un syndicat et n'a pas droit au congé. Elles sont environ 170 000 au Liban selon les chiffres de la Sécurité Intérieure libanaise. Logées, nourries, blanchies, elles envoient une partie de leur revenu au pays. Considérées comme des "héroïnes économiques " par leur pays d'origine, leurs gouvernements sont peu regardant sur les conditions de travail qu'elles subissent. Depuis deux ans les communautés sri-lankaise et phillippine, majoritaires, s'organisent. Signe de changement : elles sont dans la rue. Il y a peu, il était rare qu'elles sortent. Elles se rencontrent lorsque leurs employeurs se rendent visite ou les "prêtent" à des amis. Le père Rezkallah a instauré des messes dans leur langue et a créé un lieu de culte pour les bouddhistes. Bien sûr, cette évolution dépend du bon vouloir des employeurs. Aujourd'hui, Ethiopiennes et Malgaches, nouvelle vague d'arrivantes, sont encore minoritaires. Et elles subissent le même sort que leurs collègues à leur début. Nour RICHARD-GUERROUDJ |
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