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Sur des airs de Brel ou de
Piaf, l'ambiance est conviviale L'atmosphère est étouffante. Tous les sens sont en éveil. A l'odeur de gras, à l'étourdissement provoqué par la saveur du vin et des mets s'ajoutent les refrains des classiques français joyeusement repris par un accordéoniste. Les airs de Jacques Brel et Edith Piaf, deux figures emblématiques de la chanson française, ajoutent leur touche de gaieté à l'ambiance chaleureuse du bar. La figure du musicien est rougeaude, lui aussi est mis en joie par le vin. " La vie en rose " est reprise en coeur par les clients du bar. Souvent, les applaudissements fusent à la fin d'un morceau. Le tour de la quête venue, les clients sont généreux. Dans le béret traditionnel de l'accordéoniste, les pièces s'entrechoquent. Pour un repas, il faut compter plus de 150 F par personne. La respect de la tradition culinaire française a un prix. La salle du restaurant est bondée. Quatre grandes tables de faïence entourées de banquettes et de chaises de bois accueillent chacune une douzaine de personnes. Les clients se retrouvent, ravis, au coude à coude pour déguster les spécialités de la maison : petit salé aux lentilles, jambon persillé de Bourgogne et diverses cochonnailles. Au dessert, crumble et le fondant au chocolat, faits maison. Sur les murs, les photos abondent. En noir et blanc, celle de Barbara trône, emblématique. Sur le buffet rustique placé dans le seul espace vide de la salle, celles d'anonymes qui se sont retrouvés dans ce bar par le passé. Sans oublier une carte des vignobles de la Vallée du Rhône accrochée sur un coin de mur. Ici, le vin est l'élément fédérateur. Tous les verres sont remplis de ce breuvage rouge cassis. Commander une bière ou un soda est un péché. La disposition des tables facilite les échanges de camaraderie entre les clients. Au fil de la soirée, les conversations s'échauffent et des plaisanteries fusent entre " voisins " de table. On se fait mutuellement goûter le vin. Les tables sont chères, les clients se bousculent pour trouver une petite place. Les moins chanceux s'agglutinent au bar pour patienter. La chaleur devient de plus en plus étouffante. Dehors, à 23 heures, certains clients attendent toujours de franchir le seuil de la porte. Un verre de Beaujolais à la main pour patienter et se réchauffer. Emilie Sulpice |
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